La Spéciale étant installée à Coëtquidan dans les vieux baraquements de l’ancien camp d’artillerie ouvert en 1843, l’absence de lieu assimilable à un carré où tout le monde passe est manifeste et c’est d’ailleurs à partir de ce moment que le lieu devient le nom d’une structure de tradition. Pour la première fois dans L’Histoire de la Spéciale, le père Système est élu par tous ses camarades de promotion, alors que, tout au long du XIXème siècle, le dernier reçu au concours franchissait le premier la grille de l’Ecole et avait le numéro de matricule le plus fin, c’est à dire le plus petit de sa promotion. Il était alors président du Conseil des Fines et le représentant de la promotion auprès du commandement de l’Ecole. Dans les années 1920 il était proposé au commandement après un choix fait par le major d’entrée et les anciens responsables de corniches qui avaient été reçus au concours. La procédure inaugurée par la promotion Nouveau Bahut (1945-1947) est toujours en vigueur. Au père Système sont adjoints après élection un Colonel des Gardes, un Commandant des Gardes et un trésorier appelé KS (symbole chimique du sulfure de potassium, substance qui aurait la propriété de dissoudre l’argent). La quadrature ainsi formée prend le nom de Grand Carré et dispose d’un local exigu du même nom en souvenir de celui de Saint-Cyr. Mais dans le but d’alléger les charges qui pèsent sur ce quatuor, un homme supplémentaire complète le groupe déjà formé; il s’agit du secrétaire choisi par les seuls membres élus du Grand Carré. Le père Système tire son nom du temps passé où le Système a désigné jusqu’en 1914 les us et coutumes de l’Ecole et dont le responsable était le père Système. Aujourd’hui le seul mot système désigne le père Système. Responsable des mœurs de la Spéciale, il partage cette responsabilité avec les membres du Grand Carré, ce qui permet d’écrire que le vent souffle toujours du Grand Carré, car la deuxième signification du terme vent dans l’argot saint-cyrien désigne tous les bouleversements, mélanges des effets et autres lits en cathédrale vide barreau ou défilage que faisaient les Anciens dès les débuts de l’Ecole. Le vent peut être la colère du Grand Carré à l’égard de bazars mal dégrossis, mais il est aussi devenu l’esprit de réflexion qui souffle sur ce lieu et qui émane de cette structure, car le Grand Carré dirige et ordonne non seulement la vie de la promotion mais aussi la vie de tradition de l’Ecole. Si l’emplacement de son bureau permettait autrefois au capitaine de service de tout observer du Grand Carré, la reconnaissance officielle du Grand Carré comme structure de tradition, permet à ses membres, grâce à leurs contacts permanents avec le commandement, non pas de tout observer mais pour le moins d’en savoir beaucoup sur ses intentions. Les activités de représentation s’étant beaucoup développées, le bahutage nécessitant une préparation minutieuse, beaucoup de réalisations prennent forme dès l’année du 2ème Bataillon. Aussi pour les préparer, les bazars élisent, un bureau d’élèves qui, depuis la promotion Lieutenant-colonel Gaucher, prend le nom de Petit Carré, assisté également d’un Conseil des Fines. Cette structure, aussi reconnue officiellement, reçoit cette appellation tant par analogie au Grand Carré qu’elle formera au 2ème Bataillon, qu’en souvenir du Petit Carré, pallier situé au premier étage du bâtiment des recrues à Saint-Cyr- l’Ecole. Ne pouvant y avoir qu’un seul père Système, l’élève du Petit Carré destiné à remplir cette fonction est appelé Président à Vie et il est assisté du Ministre de la Répression, futur Colonel des Gardes, du Ministre de la Propagande, futur Commandant des Gardes ainsi que d’un KS et d’un secrétaire. Aujourd’hui, le carré est composé des 6 membres suivants :

Le père système :
L’appellation remonte au XIXème siècle où il représentait le dernier admis au concours d’entrée de Saint-Cyr, qui est en quelque sorte le président directeur général de sa promotion. Aujourd’hui élu, il est le représentant incontesté de ses camarades, le « Systus » est élu par ceux-ci et il a la lourde tâche de conduire la promotion.

Le colonel des gardes :
Fidèle bras droit du Père Système, il a avant tout pour mission de transmettre les traditions de la Spéciale dans le cadre du bahutage. Maître du Conseil des Fines, il est la main de fer de la promotion.

Le commandant des gardes :
Il est en charge des relations extérieures de la promotion, notamment par l’organisation des galas et autres événements du même genre. Homme de classe et de goût, il juxtapose le prestige et la simplicité avec une aisance qui n’a d’égal que le plaisir de ses convives. Il assure plus généralement le rayonnement de la promotion à l’extérieur de l’Ecole.

Le KS :
Le KS est le trésorier de la promotion. Cette appellation de tradition fait référence au pouvoir qu’à ce produit chimique à dissoudre l’argent. Personnage au rôle ingrat, il gère avec minutie le « trésor public ». Son avarice est dit-on proportionnelle à la générosité de son cœur envers la promotion…

Le scribe :
Le scribe est le secrétaire de la promotion, chargé d’assurer les relations avec les Anciens, et une fois la promotion sortie de l’Ecole, de maintenir le lien entre ses membres d’où son devoir de s’éteindre en dernier.

L’adjudant des gardes :
Homme à tout faire du Carré. Il s’occupe plus particulièrement de tout ce qui touche à la logistique.